Les mineurs américains atteints de pneumoconiose confrontés à la hausse des cas et aux retards d’indemnisation
Aux États-Unis, la pneumoconiose des mineurs atteint un niveau inédit depuis près de cinquante ans dans certaines régions des Appalaches, tandis que de nombreux anciens mineurs attendent plusieurs années le règlement de leurs demandes d’indemnisation. Le cas de Josh Armes illustre les conséquences humaines et financières de ces procédures d’appel prolongées. Des syndicats et des associations dénoncent parallèlement le retard pris dans l’application d’une réglementation sur les poussières de silice, alors que l’administration affirme continuer à faire respecter les limites d’exposition en vigueur.
Ce qu’il faut retenir
- La pneumoconiose des mineurs, causée par l’inhalation prolongée de poussières de charbon, endommage irréversiblement les poumons et peut entraîner une forte limitation des capacités physiques.
- Dans les Appalaches centrales, 32,5 % des anciens mineurs souterrains étudiés souffrent de cette maladie, un taux présenté comme le plus élevé depuis 1978.
- Entre 2020 et 2023, plus de 1 700 mineurs américains sont morts de la pneumoconiose, selon les données rapportées dans l’article.
- Le système fédéral d’indemnisation fait l’objet de délais et d’appels prolongés : 40 % des demandes approuvées par le Department of Labor entre 2013 et 2024 ont été contestées, généralement par des exploitants miniers.
- La durée médiane d’une demande faisant l’objet d’un appel est d’au moins trois ans ; 390 bénéficiaires dont la demande avait été initialement approuvée ont ensuite perdu leurs droits après appel entre janvier 2013 et la mi-août 2024.
- Josh Armes, ancien mineur de 74 ans, attend depuis plus de dix ans l’issue de la procédure d’appel concernant ses prestations, alors que son état nécessite notamment un apport d’oxygène.
- La hausse récente des cas est attribuée dans l’article à la poussière de silice, plus présente dans les veines de charbon actuellement exploitées.
- Des syndicats et des défenseurs des mineurs demandent la mise en œuvre d’une règle fédérale sur la poussière de silice, qu’ils estiment nécessaire pour réduire les risques professionnels.
Désaccords et incertitudes
Les parties divergent sur le degré d’action des autorités fédérales concernant la réglementation sur la poussière de silice.
- L’Appalachian Citizens’ Law Center et le syndicat United Mine Workers of America accusent l’administration de retarder ou de geler l’application de la règle sur la silice, au détriment de la santé des mineurs.
- La Mine Safety and Health Administration affirme que, tant que les procédures judiciaires et réglementaires ne sont pas achevées, elle continue de faire respecter la limite d’exposition autorisée de 100 microgrammes par mètre cube.
Sources
- The Guardian — US‘Do you have to be dead?’: US coalminers plead for benefits as black-lung disease cases surge Ouvrir l'article ↗